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Topologia do gozo

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Topologia do gozo | Non-Euclidean geometry | Figura

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Êxtase de Tereza D'Avila

 

Séminaire XX 

Encore 

Le chemin du noeud   

Uma das introduções possíveis à topologia: A Topologia do gozo em Encore

 

Dans son séminaire précédent, Lacan a surtout parlé de l'Un. S'il a introduit le noeud borroméen, c'est à partir de la demande d'amour, mais dans un contexte où il s'efforçait d'interroger le rapport du Un au zéro. L'amour, le plus souvent croit faire Un à partir de deux. Freud déjà parlait du mythe (con)fusionnel dÉros. C'est surtout ce versant d'Éros que Lacan veut préciser maintenant, même sil doit aller à l'encontre de lexpérience freudienne.

Son trajet est à rebours du séminaire précédent. Cette fois, il va du Un vers le noeud de lamour et pas l'inverse.

Trois parties peuvent être isolées dans le cheminement de cette année 72-73.

- La première  groupe les  quatre  premières  séances  et  vise à présenter les conditions daprès l'esquelles  l'Autre jouissance  pourrait  s'aborder. Pour ce faire  il faut préciser,  qu'une  fois encore, il s'agira explicitement d'une topologie :

  •    de la jouissance ;

Le repérage pour une fois est de Lacan lui-même. Quil le sache ou pas, cette introduction déjà s'avère borroméenne par l'intrication du 3 et du 4.

- Dès que ce lieu sera déterminé, Lacan présentera en seconde partie l'Autre jouissance,  esquissée déjà dans lÉthique (Séminaire VII) et éclairée ici du Baroque.

- Pour finir, nous en viendrons à l'avènement du nodal comme écriture du nombre de lamour ! 

                     Une topologie de l'Autre satisfaction 

  De la jouissance

On se souviendra de l'incompréhension que suscitait (et suscite encore toujours) le discours de Lacan. Rapportée à un interdit de venir l'écouter et à une inhibition mathématique, elle se « détriple » maintenant d'une difficulté toute spéciale si on veut bien prendre au sérieux que ce que Lacan articule et qui le pousse à travailler, est une sorte de « je nen veux rien savoir » qu'il tente évidemment délaborer.

Ce dont on ne veut rien savoir, cest précisément de la jouissance qui se distingue de l'utilité en ceci qu'elle ne sert à rien ! Comment comprendre à ce moment le paradoxe qui réside dans l'étrange comportement des hommes qui semblent pourtant commandés par une sorte d'impératif rapporté au surmoi, un impératif de jouissance.

Située dans l'Autre depuis le cheminement des surfaces, cette jouissance se définit par ce qu'elle n'est pas !

« C'est que la jouissance de l'Autre, du corps de l'Autre qui le symbolise nest pas le signe de 'lamour.» (p. 11)

L'amour est le repoussoir de la jouissance, sa topologie négativée. En effet, l'amour dont nous savons déjà depuis le séminaire précédent à qu'elle contorsion il détermine les effets de la demande, de l'offre, du refus et du désir, ici, vient à se distinguer radicalement de cette dimension de la jouissance. Sans doute l'amour est une passion que Lacan situe de l'ignorance des désirs qui sentrecroisent pour le produire, mais il n'en reste pas moins qu'elle est bien distincte de la jouissance et de la jouissance du corps de l'Autre. Nous aurions donc deux champs différents dont il faut nous demander si'ls ont topologiquement parlant un certain lien l'un avec l'autre, doublement même puisque cet étrange impératif à la jouissance se double ici dans l'amour d'une demande interminable, raison de cet « encore » que Lacan vient inscrire au titre de son séminaire.

Amour et jouissance, deux champs de l'insistance !

Cependant, un autre élément les conjoint encore.

Ce qui vient répondre à la jouissance du corps de l'Autre, ce que Lacan appelait l'amur dans ses conférences de l'hôpital St Anne (71-72), c'est ce q'uon appelle les caractères sexuels qui apparaissent sur le corps. Pourtant, ce ne sont pas de ces traces, de ces caractères sexuels que dépend la jouissance du corps si on veut bien admettre avec Lacan que le corps symbolise l'Autre.

En effet, tout se passe comme si le corps se présentait porteur de certains insignes mésologiques à cette jouissance et à lamour !

Singulière avancée quand même puisque cet Autre, que Lacan plaçait topologiquement dans un hyperespace que nous avons appris à repérer, vient ici ségaler symboliquement à la dimension du corps comme telle.

En face de ces deux, (jouissance et amour), le désir doit être interprété comme ce qui les aimante l'un à l'autre par lintermédiaire du signifiant, cest-à-dire du Un et de la faille quil recèle (entre zéro et un en mathématique).

Cette faille existe donc entre cet Un et l'être, et derrière l'être, gît la jouissance. Il y a bien un lien entre l'Un, la béance, lêtre, la jouissance et l'amour, c'est ce quil convient d'articuler. Pourtant, entre le désir et lamour, il y a incompatibilité sous la forme d'une méprise.

« L'analyse démontre que l'amour dans son essence est narcissique, et dénonce que la substance du prétendu objectal baratin est en fait ce qui, dans le désir, est reste, à savoir sa cause et le soutien de son insatisfaction voire de son impossibilité. Ce qui lie l'amour, le désir et l'Un, cest lignorance de l'amour à être le désir du Un, ce qui nous conduit à l'impossible détablir la relation d'eux des deux sexes. » (p. 12)

D'ici se détermine que l'un de la relation, appelé rapport sexuel, ne peut s'établir comme tel dans ce qu'on appelle la jouissance sexuelle et clive donc les hommes et les femmes, l'homme dans son rapport à l'organe phallique et la femme dans son rapport au pas-tout, la femme ne pouvant parler à l'homme, si l'on veut, que par lintermédiaire de la jouissance du corps.

« Le discours analytique démontre que le phallus c'est lobjection de conscience faite par un des deux êtres sexués au service à rendre à lautre. » (p. 13)

Il en résulte qu'entre la jouissance et lamour, il y a le sexuel, leur lieu d'affrontement. Le sexuel, c'est le désir comme intermédiaire avec un double versant. Le côté jouissance (en l'occurrence par le corps) pour la femme, le côté amour (en l'occurrence par le signifiant) pour l'homme. Seulement, un signifiant paraît régner en maître sur cette bi-composition : le phallus.

Or il se trouve que Lacan considère que cette jouissance phallique est plutôt un obstacle comme jouissance d'organe à jouir du corps de la femme, et c'est de cette impossibilité que surgirait limpératif du surmoi qui n'est rien d'autre que l'évocation sous sa forme de commandement de l'infinitude dans laquelle plonge la jouissance de l'Autre, le corps de lAutre (symbolisé par le corps de la femme) pour un homme.

Lacan ne craignant pas de rapporter cette infinitude au paradoxe de Zénon. C'est ici que vient se justifier lusage du terme de topologie puisque dans cet espace de la jouissance, prendre quelque chose de fermé est un lieu qui peut se trouver ordonné, justifiant ainsi la stricte équivalence de la topologie à la structure. Cette topologie nous permet d'avancer ici le terme de compacité pour interroger cette géométrie sur laquelle Lacan veut s'appuyer.

« Rien de plus compacte qu'une faille s'il est bien clair que l'intersection de tout ce qui sy ferme étant admise comme existante sur un nombre infini d'ensembles, il en résulte que l'intersection implique ce nombre infini. C'est la définition même de la compacité. »  (p. 14)

C'est cette intersection que Lacan désigne pour faire obstacle aux rapports sexuels supposés, que la jouissance phallique ne se rapporte pas à l'Autre comme tel ! Pourtant jusqu'ici, Lacan nous avait habitué dans ses séminaires à placer ce point phallique dans l'Autre et en tout cas, c'est ainsi que nous l'avons lu, mais, souvenons-nous aussi qu'il la toujours placé comme étant un objet imaginaire, cest-à-dire, d'une certaine façon, supposé à lAutre.

Quoiq'uil en soit, il y a donc bien un espace de la jouissance sexuelle et d'autres espaces ouverts capables de recouvrir celui-là, mais ces espaces doivent être pris un par un, cest-à-dire qu'il existe une finitude démontrable d'espaces ouverts, et cest ce que Lacan va tenter d'articuler aux rapports de l'homme à la femme. A savoir que de la même manière qu'en mathématique, pour ces espaces qui doivent être pris un par un, dans l'espace de la jouissance sexuelle, « lêtre sexué de ces femmes pas-toutes ne passe pas par le corps mais par ce qui résulte d'une exigence logique dans la parole. En effet, la logique, la cohérence inscrite dans le fait qu'existe le langage et quil est hors des corps qui en sont agités, bref l'Autre qui s'incarne si lon peut dire comme être sexué, exige cette  une par une ». (p.15)

L'idée que la topologie, ce serait le corps n'est pas fausse cependant puisque le corps, si nous ne le connaissons que sous sa forme phallique, cest-à-dire sa forme d'organe, c'est aussi tout autre chose que nous ne connaissons pas et que nous ne pouvons prendre dans l'exercice de la parole, que morceau par morceau. Tout ceci bien entendu résulte du discours analytique, alors que jusque là, le corps était inscrit d'une autre manière dans le discours de la science. Du fait du discours analytique qui subvertit les autres discours en indiquant à qu'elle béance doit se rapporter la causation du désir pour le sujet, le corps doit se topologiser autrement.

« Sil n'y avait pas ça, je ne pourrais faire le point avec une topologie qui pourtant ne relève pas du même ressort, du même discours, mais dun Autre, combien plus pur et qui rend combien plus manifeste quil nest de genèse que de discours. » (p.16)

Les conséquences de l'usage des autres discours avaient situé jusqu'ici la fonction de lêtre à la manière d'un absolu qui puisse parler de son existence, sans qu'on en précise de quel prédicat elle relevait. Ce nest plus le cas maintenant puisque ce à quoi cet être se réfère, 'cest à la fracture, à la cassure qui résulte de la manière dont lêtre sexué est intéressé dans la jouissance.

Source: Internet France